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Guide — Logiciels

Originalité du logiciel et IP Box : les preuves utiles

Vous saurez ce qu’il faut montrer pour que votre logiciel ouvre droit au taux de 10 %, et ce qui ne servira à rien le jour d’un contrôle. La méthode proposée s’appuie sur vos pièces existantes : architecture, historique du code, contrats.

Examiner les pièces disponibles

L’essentiel

Un logiciel n’entre dans l’IP Box que s’il est protégé par le droit d’auteur, ce qui suppose qu’il soit original. L’originalité ne se confond ni avec l’innovation technique ni avec la nouveauté commerciale : elle tient aux choix de conception et d’écriture qui traduisent un apport intellectuel propre à ses auteurs. Aucun organisme ne la certifie à l’avance ; elle se démontre par un faisceau de pièces. Un dépôt daté prouve l’existence du code à une date, pas son originalité. Le plus sûr est de constituer ce dossier module par module, avant l’option.

Pourquoi l’originalité du logiciel conditionne l’IP Box

L’article 238 du CGI ouvre le taux de 10 % aux revenus tirés de certains actifs, dont les logiciels protégés par le droit d’auteur. Le BOI-BIC-BASE-110-10, § 110 renvoie au 13° de l’article L. 112-2 du Code de la propriété intellectuelle et en tire une conséquence directe : les logiciels concernés « doivent présenter un caractère original ».

Une condition d’accès, pas un détail de forme

Sans originalité, il n’y a pas de protection par le droit d’auteur, donc pas d’actif éligible. Tout le reste du calcul, de la ventilation des revenus au ratio nexus, repose sur ce point de départ. Notre page sur les conditions de l’IP Box replace cette exigence parmi les autres.

Ce que cette page vous apporte

Elle distingue l’originalité des notions voisines, précise ce que le droit d’auteur protège réellement dans un logiciel et propose une méthode pour réunir les preuves. Pour l’ensemble du régime appliqué aux éditeurs, voyez aussi notre guide IP Box, logiciels et SaaS.

Ce que le droit entend par originalité d’un logiciel

Le droit d’auteur protège les œuvres de l’esprit, et le Code de la propriété intellectuelle range expressément les logiciels parmi elles. Le droit naît de la création elle-même, sans formalité de dépôt : l’INPI rappelle les principes du droit d’auteur et la manière dont ils s’appliquent aux logiciels.

La formule de la Cour de cassation

Dans l’arrêt d’assemblée plénière du 7 mars 1986 (n° 83-10.477), la Cour de cassation a approuvé les juges du fond d’avoir retenu que l’auteur avait fait preuve d’un « effort personnalisé allant au-delà de la simple mise en œuvre d’une logique automatique et contraignante », matérialisé dans une « structure individualisée ». Cette formule guide encore l’appréciation de l’originalité des programmes.

La définition européenne

La directive 2009/24/CE protège un programme d’ordinateur s’il est original, « en ce sens qu’il est la création intellectuelle propre à son auteur », et précise qu’aucun autre critère ne s’applique. Le mérite, la complexité ou la valeur commerciale du logiciel n’entrent donc pas en ligne de compte.

Originalité, innovation, nouveauté commerciale : trois notions à ne pas confondre

La confusion la plus fréquente consiste à présenter un produit innovant ou un succès commercial comme la preuve de l’originalité du code. Ces notions répondent à des questions différentes et se prouvent par des pièces différentes.

NotionQuestion poséeCe qui la prouveOù elle compte
OriginalitéLe code porte-t-il l’empreinte de choix propres à ses auteurs ?Architecture, choix de conception, historique du codeDroit d’auteur, donc IP Box des logiciels
Innovation techniqueLe logiciel résout-il un problème technique d’une manière nouvelle ?État de l’art, verrous techniques, travaux menésBrevet, dossiers CIR ou CII
Nouveauté commercialeL’offre est-elle nouvelle sur son marché ?Études de marché, positionnement, clientsStratégie, financement

Un logiciel peut être original sans être innovant

Un outil de gestion classique, sans rupture technique, peut être original si son architecture et son écriture reflètent des choix personnels de l’équipe. À l’inverse, une fonctionnalité inédite ne rend pas le code original si elle est mise en œuvre de la seule manière qu’impose la technique.

Pourquoi la distinction change la preuve

Un dossier rédigé pour un investisseur ou pour un crédit d’impôt parle de marché ou d’état de l’art. Pour l’originalité, il faut montrer des choix d’expression : comment le problème a été découpé, structuré et écrit.

Ce que protège le droit d’auteur dans un logiciel, et ce qui échappe à l’originalité

Savoir ce qui est protégé évite de chercher l’originalité au mauvais endroit. Le BOFiP retient une définition large du logiciel : instructions, programmes, procédés et règles, y compris la documentation et le matériel de conception préparatoire.

Les éléments protégeables

  • le code source et le code objet, en tant qu’expression du programme ;
  • la structure et l’architecture du programme, lorsqu’elles traduisent des choix propres ;
  • le matériel de conception préparatoire, visé par la directive 2009/24/CE.

Les éléments qui échappent à la protection

Les idées et principes à la base d’un programme, y compris ceux de ses interfaces, ne sont pas protégés ; le considérant 11 de la directive cite la logique, les algorithmes et les langages de programmation. Dans l’arrêt SAS Institute du 2 mai 2012 (C-406/10), la Cour de justice a jugé que ni les fonctionnalités d’un programme, ni son langage de programmation, ni le format de ses fichiers de données ne constituent une forme d’expression protégée.

Le cas de l’interface graphique

Selon l’arrêt du 22 décembre 2010 (C-393/09), l’interface utilisateur graphique n’est pas une forme d’expression du programme au sens de la directive sur les logiciels. Elle peut être protégée par le droit d’auteur commun si elle est originale, mais c’est bien le programme qui doit l’être pour l’IP Box.

Originalité du logiciel et brevet : deux voies distinctes vers l’IP Box

L’article 238 vise aussi les brevets. Pour un logiciel, les deux voies ne reposent ni sur les mêmes critères ni sur les mêmes preuves, et il ne faut pas les mélanger dans un même dossier.

Le logiciel « en tant que tel » n’est pas brevetable

L’INPI précise que seule la séquence d’instructions est exclue de la brevetabilité, et non le procédé technique qu’elle met en œuvre. Un procédé inventif intégrant un logiciel peut être breveté s’il remplit les conditions de nouveauté, d’activité inventive et d’application industrielle.

Conséquence pour l’IP Box

Un éditeur qui ne détient pas de brevet s’appuie sur le droit d’auteur, donc sur l’originalité. Une invention dont la brevetabilité était seulement certifiée par l’INPI ne permet plus d’accéder au régime depuis la loi de finances pour 2023 (ACTU-2022-00140).

Qui doit prouver l’originalité du logiciel, et à quel moment

Aucune autorité ne délivre de certificat d’originalité. C’est à l’entreprise qui applique le régime de pouvoir justifier que le logiciel remplit les conditions, et l’appréciation finale, en cas de litige, revient au juge.

Pendant l’application du régime

L’article L. 13 BA du Livre des procédures fiscales impose de tenir à disposition une documentation justifiant le résultat net soumis au taux réduit. Selon le BOI-BIC-BASE-110-20, elle doit pouvoir être produite dans les trente jours d’une mise en demeure, sous peine d’une amende égale à 5 % du résultat net imposé au taux réduit.

Pourquoi s’y prendre avant l’option

Reconstituer des choix de conception plusieurs années après est difficile : les auteurs sont partis, les dépôts ont été réorganisés. Préparer ce dossier en amont est l’un des objets d’une étude préalable, avant de formuler l’option sur l’annexe n° 2468-SD.

Vos pièces suffisent-elles ?

Nous examinons la documentation existante et identifions ce qui manque pour soutenir l’originalité, avant toute option.

Examiner les pièces disponibles

Les preuves techniques de l’originalité du logiciel

La démonstration repose sur un faisceau d’indices. Aucune pièce isolée ne suffit ; c’est leur cohérence qui convainc.

La documentation d’architecture

Schémas de composants, découpage en modules, choix des structures de données et des flux : ces documents montrent que le programme résulte d’une organisation voulue, et non d’une suite imposée par l’outil ou par la fonction.

Les décisions de conception

Des notes de décision, même brèves, décrivent le problème, les options envisagées et la raison du choix retenu. C’est la pièce la plus parlante, car elle montre qu’une alternative existait : là où il n’y a pas de choix, il n’y a pas d’originalité.

L’historique du code

Le journal des dépôts (commits), les revues de code et les tickets relient les choix à des dates et à des auteurs. Ils servent aussi à la preuve de la titularité, étudiée plus bas.

Dater et attribuer : dépôts et horodatage au service de l’originalité

Les dépôts probatoires sont utiles, à condition de savoir ce qu’ils prouvent. Ils établissent l’existence d’un contenu à une date, ce qui aide en cas de litige sur l’antériorité ou la paternité.

L’enveloppe e-Soleau et l’APP

L’enveloppe e-Soleau de l’INPI permet de prouver l’existence d’une création à une date donnée ; elle ne confère aucun titre de propriété. La conservation est de cinq ans, renouvelable. L’Agence pour la protection des programmes (APP) propose le dépôt et le séquestre de logiciels, qui datent et conservent le code.

Le registre national des logiciels

L’INPI tient un registre national des logiciels sur lequel s’inscrivent notamment les nantissements du droit d’exploitation, afin de les rendre opposables aux tiers. Ce registre ne dit rien de l’originalité.

Un dépôt ne prouve pas l’originalitéUn dépôt daté établit qu’un code existait à une date et, le cas échéant, qui l’a déposé. Il ne démontre pas que ce code est original. Présenter un dépôt comme seule preuve d’originalité expose le dossier à une remise en cause, et avec lui l’ensemble du résultat imposé à 10 %.

Construire une matrice d’originalité du logiciel, module par module

Une matrice relie chaque partie du logiciel à ses choix de conception et aux pièces qui les documentent. Elle rend la démonstration lisible pour un tiers et sert de sommaire au dossier.

ColonneContenu attenduExemple de formulation
ModuleNom et périmètre fonctionnelMoteur de calcul des tournées
Choix de conceptionStructure, découpage, modèle de données retenusGraphe pondéré recalculé par zones
Alternatives écartéesOptions possibles et raison du rejetRecalcul global jugé trop lent
PiècesDocuments datés qui l’établissentNote de décision, commits, schéma
AuteursPersonnes et statutDeux salariés, un indépendant
Composants tiersBibliothèques utilisées et licencesSolveur open source sous licence permissive

Le bon niveau de détail

La matrice n’a pas à décrire chaque fonction. Elle cible les modules qui portent la valeur du produit et ceux qui génèrent les revenus placés sous le régime. Quelques pages précises valent mieux qu’un inventaire exhaustif sans analyse.

Qui la rédige

Les développeurs connaissent les choix ; il faut ensuite les formuler au regard des critères du droit d’auteur. Pour les situations délicates, l’avis d’un conseil en propriété intellectuelle peut compléter la matrice : il n’en remplace pas les pièces.

Composants open source, code généré et originalité du logiciel

Un logiciel moderne assemble du code propre et de nombreux composants tiers. Seule la partie créée par l’entreprise peut porter son originalité et relever de ses droits.

Distinguer le code propre des briques tierces

Un inventaire des dépendances, par exemple issu d’un audit de code, montre où se situe l’apport de l’équipe. Il faut aussi vérifier que les licences des composants sont compatibles avec le modèle commercial, sujet traité dans notre guide logiciels et SaaS.

Le code produit par des outils de génération

L’originalité suppose une création intellectuelle propre à un auteur humain. Pour du code produit en tout ou partie par un outil de génération automatique, la question n’est pas tranchée de façon générale : documenter l’intervention humaine, c’est-à-dire les choix, la sélection et la réécriture, devient d’autant plus important.

Versions successives : l’originalité du logiciel se prouve-t-elle à chaque version ?

Le régime couvre les logiciels protégés, y compris leurs versions successives, simultanées ou non (§ 110 du BOI-BIC-BASE-110-10). La plupart des éditeurs suivent leur plateforme comme un actif unique, ce qui simplifie la documentation.

Ce qu’il faut suivre dans le temps

Une refonte d’architecture, un nouveau module ou l’intégration d’un code acquis modifient le périmètre de l’originalité. Chaque évolution majeure appelle une mise à jour de la matrice et, si besoin, un nouveau dépôt daté.

Le lien avec le ratio nexus

Le même découpage sert au suivi des dépenses de R&D par actif ou famille d’actifs, nécessaire au ratio nexus. Construire les deux suivis sur la même cartographie évite les incohérences.

Originalité et titularité : prouver aussi qui a créé le logiciel

Un logiciel original n’est éligible que si l’entreprise en détient les droits. Les pièces qui identifient les auteurs servent donc deux fois.

Salariés, dirigeants, prestataires

Selon l’article L. 113-9 du CPI, les droits sur les logiciels créés par des salariés dans l’exercice de leurs fonctions sont dévolus à l’employeur. Pour un dirigeant non salarié, un indépendant ou une société prestataire, il faut une cession écrite conforme à l’article L. 131-3 du CPI.

Un exemple commenté

Notre exemple de note de faisabilité pour un éditeur SaaS fictif montre comment un code écrit par un fondateur avant l’immatriculation peut bloquer l’option, même lorsque l’originalité est bien documentée.

Erreurs fréquentes dans la preuve de l’originalité du logiciel

Les mêmes faiblesses reviennent d’un dossier à l’autre. Elles se corrigent facilement lorsqu’elles sont repérées avant l’option.

Confondre valeur et originalité

Un chiffre d’affaires élevé, un prix de l’innovation ou une levée de fonds ne démontrent rien sur le code. Ces éléments peuvent figurer au dossier, mais pas comme preuve de l’originalité.

Décrire les fonctionnalités au lieu des choix

Une plaquette commerciale décrit ce que fait le logiciel. Or les fonctionnalités ne sont pas protégées : il faut décrire comment le programme est construit, et pourquoi.

S’en remettre à un seul dépôt

Un dépôt daté sans documentation d’architecture ni notes de conception prouve une date, rien de plus. Il gagne à s’inscrire dans un ensemble cohérent de pièces.

Méthode : constituer le dossier d’originalité du logiciel en cinq étapes

Ces étapes s’insèrent dans la préparation d’ensemble de l’IP Box, décrite dans notre accompagnement IP Box.

1

Cartographier le logiciel

Découper le logiciel en modules, dater leur création et identifier les auteurs de chaque partie.

2

Isoler l’apport propre

Distinguer le code écrit par l’équipe des bibliothèques, frameworks et composants open source.

3

Documenter les choix

Pour chaque module, décrire les choix de conception, les alternatives écartées et leurs raisons.

4

Rattacher les pièces

Relier chaque choix à des pièces datées : historique des dépôts, schémas, notes, dépôts probatoires.

5

Tenir le dossier à jour

Compléter la matrice à chaque version majeure et la conserver avec la documentation IP Box.

Le questionnaire d’orientation permet de situer le projet avant d’engager ce travail.

Originalité du logiciel et dossiers CIR ou CII : des pièces communes, des critères différents

L’application de l’IP Box n’exclut pas le crédit d’impôt recherche. Les deux dispositifs n’examinent pas la même chose, mais une partie des pièces se recoupe.

Ce qui se réutilise

Descriptions techniques, suivi des temps et historique des travaux servent aux deux dossiers. La définition des dépenses de R&D retenue pour le crédit d’impôt recherche sert d’ailleurs de référence au calcul du résultat IP Box.

Ce qui ne se transpose pas

Un dossier CIR démontre des travaux de recherche et de développement ; l’originalité n’y est pas un critère. À l’inverse, un logiciel peut être original sans avoir fait l’objet de travaux éligibles au CIR. Il faut donc rédiger une analyse propre à l’originalité.

Originalité du logiciel lors d’un contrôle IP Box

En cas de vérification, l’administration peut examiner chacune des conditions, dont la protection du logiciel par le droit d’auteur. Si l’originalité n’est pas établie, l’actif sort du champ du régime et le résultat correspondant est réintégré au taux normal.

Ce qui facilite l’échange

Une matrice claire, des pièces datées et une présentation qui distingue l’originalité des autres notions permettent de répondre vite et précisément. Une revue d’un dossier existant aide à repérer les points faibles avant qu’ils ne soient discutés.

Les suites possibles

Un désaccord sur l’originalité est une question de droit d’auteur appréciée au cas par cas. Le contenu de cette page est informatif et ne remplace pas l’analyse de votre situation par un professionnel.

Préparer le dossier avant qu’on vous le demande

Nous partons de vos pièces techniques et contractuelles pour construire une démonstration cohérente.

Examiner les pièces disponibles

Questions fréquentes sur l’originalité du logiciel et l’IP Box

Qu’est-ce qu’un logiciel original au sens du droit d’auteur ?

C’est un logiciel qui constitue la création intellectuelle propre à son auteur. La Cour de cassation évoque un effort personnalisé allant au-delà de la simple mise en œuvre d’une logique automatique et contraignante, matérialisé dans une structure individualisée. Ni la valeur commerciale ni la complexité du logiciel ne sont des critères.

Pourquoi l’originalité est-elle nécessaire pour l’IP Box ?

L’article 238 du CGI vise les logiciels protégés par le droit d’auteur, et la doctrine administrative précise qu’ils doivent présenter un caractère original. Sans originalité, le logiciel n’est pas protégé, donc pas éligible : les revenus correspondants ne peuvent pas être imposés au taux de 10 %, quel que soit le reste du dossier.

Un logiciel innovant est-il forcément original ?

Non. L’innovation porte sur la solution technique apportée à un problème ; l’originalité porte sur la manière dont le programme est conçu et écrit. Une fonctionnalité inédite peut être codée de la seule façon qu’impose la technique, et un logiciel sans rupture technique peut être original par ses choix d’architecture.

Les fonctionnalités d’un logiciel sont-elles protégées ?

Non. La Cour de justice de l’Union européenne a jugé, dans l’arrêt SAS Institute du 2 mai 2012, que ni les fonctionnalités d’un programme, ni son langage de programmation, ni le format de ses fichiers de données ne constituent une forme d’expression protégée. L’originalité se recherche donc dans l’expression, c’est-à-dire le code et sa structure.

Un dépôt APP ou une enveloppe e-Soleau prouve-t-il l’originalité ?

Non. Ces dépôts établissent l’existence d’un contenu à une date donnée et facilitent la preuve de l’antériorité ou de la paternité. L’INPI précise que l’enveloppe e-Soleau ne confère aucun titre de propriété. L’originalité se démontre par d’autres pièces : architecture, notes de décision, historique du code.

Faut-il déposer le logiciel pour bénéficier de l’IP Box ?

Non. Le droit d’auteur naît de la création, sans formalité de dépôt. Un dépôt daté reste utile comme élément de preuve, notamment pour fixer une date de référence, mais il n’est pas une condition du régime. Ce qui compte est de pouvoir justifier l’originalité et la titularité des droits si l’administration le demande.

Qui doit prouver l’originalité du logiciel ?

L’entreprise qui applique le régime doit pouvoir justifier que ses conditions sont remplies, notamment dans le cadre de la documentation prévue par l’article L. 13 BA du Livre des procédures fiscales. Aucun organisme ne certifie l’originalité à l’avance. En cas de désaccord, l’appréciation revient au juge, au cas par cas.

Quelles pièces démontrent le mieux l’originalité ?

Les notes de décision qui décrivent les options envisagées et la raison du choix retenu, la documentation d’architecture et l’historique du code. Leur force tient à leur cohérence et à leur datation. Une matrice qui relie chaque module à ses choix et à ses pièces rend l’ensemble lisible pour un tiers.

Un logiciel construit avec de l’open source peut-il être original ?

Oui, pour la partie créée par l’entreprise. Les composants tiers restent la création de leurs auteurs et ne portent pas l’originalité du logiciel de l’entreprise. Il faut donc distinguer le code propre des dépendances, documenter l’apport de l’équipe et vérifier que les licences utilisées sont compatibles avec le modèle commercial.

L’interface graphique compte-t-elle pour l’originalité du logiciel ?

Selon la Cour de justice, l’interface utilisateur graphique n’est pas une forme d’expression du programme au sens de la directive sur les logiciels. Elle peut être protégée par le droit d’auteur commun si elle est originale, mais pour l’IP Box c’est l’originalité du programme lui-même qu’il faut établir.

Faut-il refaire la preuve à chaque nouvelle version ?

Pas entièrement. Le régime couvre les versions successives d’un logiciel protégé. En revanche, une refonte d’architecture, un nouveau module ou l’intégration de code acquis modifient le périmètre à documenter. Mettre à jour la matrice à chaque version majeure évite de reconstituer l’historique des années plus tard.

Un dossier CIR suffit-il à prouver l’originalité ?

Non. Un dossier de crédit d’impôt recherche démontre des travaux de recherche et de développement, ce qui est une autre question. Certaines pièces se réutilisent, comme les descriptions techniques ou le suivi des travaux, mais l’analyse de l’originalité doit être rédigée spécifiquement, au regard des critères du droit d’auteur.

Que se passe-t-il si l’originalité est contestée lors d’un contrôle ?

Si l’originalité n’est pas établie, le logiciel n’est pas un actif éligible et le résultat qui lui est rattaché est imposé au taux normal. D’où l’intérêt de préparer le dossier avant l’option. Cette réponse est informative et ne remplace pas l’analyse d’une situation particulière par un professionnel.

Historique des mises à jour — 29 septembre 2026 : première publication.

Sources sur l’originalité du logiciel

  1. Article 238 du Code général des impôts (Légifrance)
  2. BOI-BIC-BASE-110 — présentation d’ensemble du régime
  3. BOI-BIC-BASE-110-10 — champ d’application, § 110 (logiciels protégés, caractère original, versions successives), version du 3 mai 2023
  4. BOI-BIC-BASE-110-20 — option et documentation, version du 3 mai 2023
  5. Article L. 13 BA du Livre des procédures fiscales — obligation documentaire
  6. Article L. 112-2, article L. 113-9 et article L. 131-3 du Code de la propriété intellectuelle
  7. Cass. ass. plén., 7 mars 1986, n° 83-10.477
  8. Directive 2009/24/CE concernant la protection juridique des programmes d’ordinateur, article 1er et considérant 11
  9. CJUE, 2 mai 2012, SAS Institute, C-406/10 et CJUE, 22 décembre 2010, C-393/09
  10. INPI : cas particulier des logiciels ; e-Soleau et entiercement ; registre national des logiciels
  11. Agence pour la protection des programmes
  12. BOFiP, ACTU-2022-00140 — suppression des inventions certifiées par l’INPI
  13. BOI-BIC-RICI-10-10-10-20 — définition des opérations de recherche

Contenu informatif, vérifié à la date indiquée. Il ne remplace pas l’analyse de votre situation. Une erreur ? Signalez-la.

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